Date de publication : 14/10/2005.
Auteur : Mohamed H.
email : m_hammideche@yahoo.fr
Le Superflu,
le Lilliputien, et Moi, et, Moi, et Moi…
« Qu’est-ce
que la littérature ? » me dit un jour un
lilliputien sorti de je ne sais d’où (de mon imagination
vraisemblablement) …
Répondre
à la question coincerait déjà cette « chose »
qu’est la littérature quelque part où elle ne saurait l’être,
ne pourrait le rester, car la littérature est par le
truchement de cette remarque cette chose qui n’aime pas être
coincée quelque part…
Elle
est cette plus-value qui se donne gratuitement, elle est la
gratuité même, et son ultime incarnation, elle se donne,
gratuitement, parce qu’elle est : écume versatile, et
brume évanescente, parce qu’elle est vitale, majeure,
capitale, essentielle, précieuse et si…superflue… superflue
comme disait ce Gustave Flaubert jamais sans quelque nuance de
bouffonnerie : « Rien ne m’est plus indispensable
que le superflu »…avec toujours dans cette bonne
bouille joufflue, dûment moustachue et ironiquement
sentencieuse, un œil pour dire tel ce grand chasseur et griot
« le monde en soi est déjà assez tragique pour que le
sage ne tienne à le considérer avec trop de sérieux »…
La
littérature est ce qui rend ce monde acceptable, elle est le
cri par le quel est exorcisée la foudre, le chant, le
louange, l’élégie, et la crépitation au temps de la crémation…superflue !
Elle
est aussi comme ces secrets que livrent les fleurs au ciel
dans leur éclosion…superflus ! Elle est cette
transformation de l’air en acier, en cristal, en anti-matière
quand Miles Davis souffle dans son instrument.
La
littérature est ce par quoi l’humain est humain (le
superflu).
« Elle
est tout ça alors? » lança le lilliputien en écarquillant
les yeux avant de partir en sautillant…
Elle
est tout ça, et rien de tout ça, le tout et le rien, se
balançant entre l’être et le presque néant, elle est tout
ça, et bien plus encore…
Mohamed Hammideche
Rédacteur
en chef des Blouses Blanches