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La soif du savoir : une quête permanente
    
« Ne laisse point passer un jour Sans amasser du savoir, Bats les buissons à la recherche d’une piste, Attaches toi à la suivre Sois curieux, instruits-toi  »


J’ai trans
cris ces vers d’un poète français sur  la première page de presque tous  mes cahiers d’écolier, de collégien, de lycéen et plus tard d’étudiant en médecine.

L’apprentissage n’est pas me semble-t-il  une étape, c’est un  processus  continu qui  doit durer toute  une vie,  c’est surtout  un état  d’esprit,  une culture : « se mettre en état d’apprentissage ».

Avec l’avènement et le développement continu des techniques d’information et de communication (TIC), ce processus a été totalement bouleversé.

Traditionnellement, l’enseignant se trouvait au centre du processus comme seul détendeur du savoir devant des élèves à qui on exigeait soumission, silence et d’être  récipiendaire. Les deux parties (enseignants et apprenants)  travaillaient sur un programme souvent ficelé  durant des générations ou alors en perpétuel reforme sans aucun suivi ni évaluation. Sans aucune remise en cause.

Actuellement, les apprenants sont devenu des acteurs essentiels du processus ; les informations et les connaissances sont des produits qu’ils peuvent obtenir à travers d’autres canaux que celui de l’enseignant, des informations et connaissances actualisées presque en temps réel à travers la trame d’Internet et ses millions de sites de formation, de perfectionnement.

La connaissance est en perpétuel mouvement, elle évolue continuellement. La connaissance médicale évolue encore plus et tout le monde s’accorde à dire   qu’une information scientifique non actualisée, ayant une ancienneté de plus de 5 à 7ans est souvent dépassée, désuète. Cela pose évidemment la grande question de la formation continue de nos praticiens sur laquelle nous reviendrons plus tard.

L’enseignement en Sciences Médicales dans notre pays reste de qualité sans pour autant tomber dans l’autosatisfaction ni  au fins de mettre de la poudre aux yeux. Force est de constater que l’auto flagellation n’est pas de mise non plus. La meilleure preuve on est quand nos jeunes diplômés se retrouvent de l’autre coté de la Méditerranée où ils sont opérationnels très rapidement.

Ce sont de bons praticiens pour peu qu’un cadre  adéquat leur permette de s’exprimer.

Notre système permet aux apprenants d’être très tôt devant le lit des malades avec une très grande accessibilité et proximité : interrogatoire, inspection, auscultation, toucher, suivi. Cette immersion clinique précoce à travers les stages pratiques en tant qu’externes et internes est intéressante mais qu’il faut réajuster par rapport à la définition des objectifs de stage et du suivi des étudiants. Car même si la majorité reste motivée, certains ne se « foulent pas beaucoup la rate » !!

  Par contre sur le plan des connaissances théoriques, sur celui de la culture générale, celui de la santé communautaire beaucoup reste à faire 

            1-  Connaissances théoriques 

 Alors  qu’un effort particulier est consenti  par la mise en place , le renforcement des bibliothèques, médiathèques, connexions Internet, il n’y a pas grande foule, la majorité des étudiants qui fréquentent les salles de lecture c’est pour « travailler » le cours, les QCM , ..que de consulter et lire des livres par ailleurs très diversifiés , de toutes disciplines. Comment rendre le livre attractif ? Comment donner le goût de la lecture à nos étudiants  dès l’enfance avant même l’entrée à l’école primaire ? Cet  objectif devrait être inscrit dans la feuille de route du Ministère de l’Education.

        2-   Santé communautaire

Le discours officiel met l’accent sur la santé publique avec comme outil principal la prévention. Dans la réalité l’essentiel des ressources est orienté et alloué  vers l’acquisition des derniers équipements curatifs, vers la construction d’e « méga hôpitaux » difficilement gérable et extrêmement budgétivore.

La médecine préventive  a beaucoup progressé depuis l’avènement des vaccinations qui ont révolutionné la santé publique en permettant de contrôler sinon d’éradiquer des épidémies alors très meurtrières (variole….)

La connaissance épidémiologique, la connaissance des facteurs de risque  et par la même, les possibilités de gestion du risque pourraient à terme aider au contrôle de maladies émergentes et ré émergentes  transmissibles telles que tuberculose, IST, VIH sida, paludisme et autres, et non transmissibles telles que maladies cardiovasculaires, diabète, cancers…

Tout le monde s’accorde sur le fait que l’hygiène alimentaire et nutritionnelle, l’arrêt du tabac, la pratique sportive contribuent à l’augmentation de l’espérance de vie.

Pour tous ces messages d’éducation pour la santé, les jeunes médecins ont un rôle important à jouer pour peu qu’ils sortent justement de « la blouse blanche » et qu’ils s’impliquent davantage dans la cité.

Cette mission d’éducateur est aussi importante que celle de soigner ; car du fait de leur immersion dans leur quartier, leur cite, leur voisinage ; ils ont une meilleure connaissance des risques et ainsi  développent le pouvoir de  diagnostiquer avec les concernés pour trouver des réponses appropriés :

Les exemples ne manquent pas : éviter les accidents de la circulation pour des enfants qui doivent traverser pour aller à l’école, créer des espaces de loisirs, des espaces d’écoute des adolescents, contribuerait à diminuer l’usage de drogues…, collecte des déchets, identifier les facteurs de pollution qu’elle soit de nature chimique, physique ou biologique,  

           3 -   La culture générale :

Il y a lieu de redéfinir le rôle du   cinéma, du théâtre, des conférences sur des sujets de plus en plus pertinents dans la vie publique. Les  jeunes donnent de leurs temps et de leur énergie dans la vie associative mais pas suffisamment.

Les associations d’étudiants de la faculté de médecine sont présentes : blouses blanches, pharma vie, le souk… souvent avec des idées novatrices et peu de moyens ;

Le site Internet de l’association des blouses blanches est un exemple éloquent de l’implication possible et utile de l‘associatif, ce site nous permet en tant qu’institution d’abriter les cours et enseignements pour la préparation du concours de résidanat, il s’agit d’un site aéré et convivial, plaisant à consulter.

Il faut noter que globalement l’étudiant de médecine ne s’intéresse qu’aux « études médicales », cette suffisance fera de lui dans le meilleur des cas un bon praticien sans plus,

Nos jeunes doivent apprendre la citoyenneté, ils sont souvent  militants de causes avant d’être citoyen. La citoyenneté est un pré requis si l’on veut être des vecteurs de changements ; des changements  qui durent et qui résistent au temps et aux hommes sans laisser passer un seul jour de la vie !                                                                          
                                                                                     
Pr. TADJEDDINE
                                                                         Chef du département de médecine